Crise sanitaire et hypocrisie gouvernementale: à l’université comme ailleurs, plus d’actes et moins de bons sentiments !

Publié le par Solidaires Etudiant-es Paris 8 - Saint Denis, syndicat de luttes

Quasiment un an après l’émergence du covid19 et une gestion minable de la crise sanitaire, le gouvernement, afin de sauver les meubles « confine » une fois de plus le pays. Pourtant, nombreux et nombreuses sont les salarié-es à devoir prendre le chemin du travail. Si le quotidien s’en trouve bouleversé, c’est surtout par les mesures politiques liberticides et le contrôle policier imposé par l’État. Ces mesures constitutives du « confinement » - en plus de nous couper socialement des nôtres - interdisent l’espace publique aux plus vulnérables d’entre nous, précarisent les plus pauvres d’entre nous et isolent dans des situations de dangers immédiates certain-es d’entre nous.

Dans le même temps, l’hôpital public - impacté par des années de gestion libérale de la santé - garde la tête sous l’eau : pas assez de postes, pas assez de lit ni de personnel. Les hospitalier-es et les hospitalisé-es s’en trouvent noyé-es par les responsables de ces politiques.

Le gouvernement décide donc de fermer les universités. Cette mesure ne nous convient pas mais nous n'avons pas le choix : par son incompétence, son mépris des vies au profit de l'économie, son dédain pour les travailleurs et travailleuses, le gouvernement nous impose de quitter notre lieu d'étude, cadre qui assurait un minimum d’égalité face à l'enseignement.

En effet, la fermeture de l’université fait de l’enseignement à distance l’unique moyen de poursuivre ce semestre. Ce à quoi nous nous opposons. Cette forme d'enseignement condamne intrinsèquement une large partie des étudiant-es à l’échec : celles et ceux n’ayant pas accès à une connexion internet ou à un matériel informatique suffisant, celles et ceux dont le lieu de résidence ne permet pas d’étudier en toute sérénité, celles et ceux qui travaillent, celles et ceux à qui l’enseignement et le contact réel avec un-e enseignant-e est indispensable.

Nous nous inquiétons des conséquences d'une telle mesure sur la scolarité des étudiant-e-s. Combien serons-nous à abandonner nos études car nous n'aurons plus de bourse après une année loupée, car nous avons fait primer un salaire sur une année validée ? Si des mesures de taille ne sont pas instaurées, le gouvernement par sa politique, continuera de chasser les populations les plus précaires des bancs de l'université.

Ce constat que nous faisons n’est pas inconnu de l’État et de ses laquais : il les arrange. Moins d’étudiant-es à la fac il y a, plus d’économie ils font, moins de bourses ils ont a distribuer. Plus besoin alors d’augmenter les capacités d’accueil et le nombre de poste à l’université. Les étudiantes travailleuses et précaires, celles malades, celles qui s'occupent de proches, se retrouvent un fois de plus coupée d’accès à l’enseignement supérieur.

Conscient-es que nous ne pouvons agir en l’état sur l’ouverture ou fermeture de l’université, il nous paraît pourtant primordial en la situation de réagir. Nous appelons par ce communiqué les composantes à imposer la validation automatique du premier semestre afin d’amortir la politique meurtrière du gouvernement.

Au vu du contexte sanitaire actuel, il est urgent que la continuité pédagogique soit assurée. Si nous voulons continuer à nous former, il est urgent que les cours ne soient plus une source d'angoisse pour les étudiant-e-s. Ces derniers doivent être un cadre réel de formation et non pas un risque de perdre sa bourse ou de rater son année.

Sur le long terme – étant conscient-es de l’impératif de préserver des mesures barrières – nous exigeons la reprise des cours dans des situations convenables dès que cela sera possible (demi groupe, masques, gel, condition de validation etc) .

Nous apportons notre soutien inconditionnel à tout le personnel soignant et à tous-tes les travailleur-euses.

Crise sanitaire et hypocrisie gouvernementale: à l’université comme ailleurs, plus d’actes et moins de bons sentiments !
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